31.10.2019

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« Et toi, tu ne veux pas d’enfants ? »

25.08.2019

Quand on est dans la situation d’un désir d’enfant non abouti, cette question a l’effet d’une flèche qui, aboutissant pile dans le mille, nous tétanise instantanément. Pris au dépourvu, on répond souvent quelque chose du genre « Non », je n’en veux pas… en tout cas pas pour l’instant. » Le mensonge part aussi vite que la question est arrivée, comme si c’était le seul moyen d’y faire face.

 

Vous êtes nombreuses à choisir de faire le silence autour de votre désir d’enfant, pour éviter les interrogations, les regards compatissants et les déclarations déplacées, telles que : « arrête d’y penser et ça va marcher », « détends-toi », « il n’y a pas que ça dans la vie », « tu as de la chance, au moins tu peux faire la grasse mat le week-end. » ...

 

Je me rappelle bien combien je détestais ces questions et ces phrases types, et à quel point elles me mettaient mal à l’aise. Mais j’ai aussi toujours été convaincue que c’était mieux d’en parler pour expliquer ce que je ressentais, au lieu d’accuser les autres de ne pas savoir. « Car comment voulez-vous que ces remarques disparaissent et que l’état d’esprit des gens ou de la société change, si nous n’en parlons pas ? Qui d’autre que nous, pourrait expliquer ce que nous vivons et ce que nous ressentons, dans cette situation de manque d’enfant ? » 

 

Expliquer que même si aujourd’hui, la vie sans enfants est une option de vie reconnue, c'est quelque chose de complètement différent lorsqu'on est dans une situation d’incapacité à concevoir. Préciser que l’infertilité ne se résout pas en « n’y pensant moins », que c’est une réelle souffrance émotionnelle, mentale et physique qui recommence inlassablement, parfois pendant des années. Faire savoir qu’à chaque tentative qui échoue, nous traversons toutes les phases du deuil, que nous n’avons jamais de répit parce que ça recommence, encore et encore… Parler de ce sentiment de manque qui nous ronge, parce que pour nous, cet enfant existe déjà dans notre cœur et que nous essayons avec toutes nos forces de lui insuffler la vie, pour enfin l’accueillir dans nos bras pour de vrai.

 

Mais avant d’avoir eu suffisamment de recul pour expliquer à mon entourage ma peine, j’ai dû reconnaître que j’avais le droit de souffrir de cette situation. Une souffrance qui est, dans le domaine de l’infertilité, souvent minimisée et sous-estimée par l’entourage. Mais je vous pose la question : « est-ce qu’elle est seulement minimisée par les autres ou également par vous-même ? Est-ce que ce n’est pas vous, avant tous les autres, qui ne prenez pas au sérieux votre peine ? Ne culpabilisez-vous pas de vous sentir mal ? »

 

Reconnaître que nous avons de la peine à avoir de la peine.

 

Ne pas pouvoir avoir un enfant, alors qu’on le désire ardemment, touche à quelque chose d'existentiel au plus profond de nous et les experts savent aujourd’hui que l’infertilité représente une sérieuse menace pour le bien-être physique et psychique des personnes concernées. Il est actuellement prouvé que le sentiment d’incapacité de ne pas pouvoir concevoir ses propres enfants, peut déclencher une crise de vie grave. Et que, surtout pour les femmes, le message d'être stérile peut représenter un des pires événements de leur vie, comparable uniquement à la perte d'un partenaire ou au décès d'un enfant.

 

Vous voyez alors que vous avez toutes les raisons de sentir ce que vous ressentez. Désormais vous pouvez arrêter de vous reprocher vos émotions, cesser de culpabiliser d’être déstabilisée, et en parler ! Car le mutisme autour de votre peine a pour conséquence de vous isoler davantage socialement et émotionnellement de votre entourage, ce qui risque encore d’augmenter votre peine. Si vous acceptez le fait que votre souffrance est normale, elle perd de sa force et ça deviendra plus simple d’en parler. Vous expérimenterez alors que vos proches sont beaucoup plus compréhensifs que vous le croyez, ce qui est un énorme soulagement. Vous vous sentirez plus à l’aise face aux remarques et vous aurez moins peur de répondre aux questions qui touchent ce sujet sensible. Remarquez que la question « et vous, ne voulez-vous pas d’enfants ? » n’est au fond, qu’une question comme une autre, non ? Telle que « n’avez-vous pas envie d’acheter une maison dans l’avenir ? » par exemple. 

 

« Alors pourquoi elle vous déstabilise autant ? » 

 

Arrêter de culpabiliser de ne pas être capable et/ou de ne pas être parfait.

 

Je crois qu’il faut d’abord chercher ce qui se cache au fond de nous-même. Car il est sûr, que nous ne pouvons pas nous sentir attaqué si nous ne nous reprochons pas quelque chose… Il est certain, que la personne qui a honte de ne pas avoir assez d’argent pour une maison, prendra la question sur le futur domicile comme un affront. 

 

Personnellement, et avec le recul sur mes 5 ans de désir d’enfant non abouti, je sais que je ressentais un mélange de culpabilité et de honte. D’un côté je culpabilisais, comme on a vu plus haut, du fait que ce désir d’enfant m’affectait autant et que je ne parvenais pas à maitriser ce tourbillon d’émotions afin d’arriver au fameux lâcher prise. Et de l’autre côté, je ressentais de la honte. Honte ne pas être parfaite, de ne pas arriver à réaliser ce qui semblait être si simple pour les autres, que mon ventre restait vide. J’avais l’impression d’être moins bien, que je ne faisais pas partie de cette élite de femmes qui arrivaient à enfanter. 

 

Aujourd’hui je sais que je n’avais pas de raison de me sentir inférieure. Au contraire ! Et il m’apparaît particulièrement important de vous dire que la fertilité d’une femme, d’un couple, ne se montre pas seulement à travers une grossesse. Vous êtes tellement plus ! Votre ventre n’a pas besoin d’être rond pour être rempli et fertile. Vous portez la vie à travers vos projets, votre créativité, vos rires, votre curiosité, vos moments de complicité avec votre conjoint, et également à travers votre amour pour vous et la vie. 

 

Soyez fière de vous et du chemin que vous êtes en train de parcourir. Vous avez toutes les raisons de vous féliciter pour votre courage, pour votre persévérance et absolument aucune raison de vous cacher. Alors à l’avenir, quand on vous pose la question, affirmez que vous adoreriez avoir un enfant, mais que pour l’instant, le vôtre met un peu plus de temps à faire sa valise, mais dès qu’il sera prêt, il viendra vous rejoindre. Ça c’est sûr ! 

 

Prenez soin de vous !

 

Jacqueline C.

 

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