31.10.2019

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Accueillir la vie sans enfants.

05.03.2019

 

Introduction

 

« Vivre une vie sans enfants. Au début de mon parcours, je ne pouvais même pas laisser cette idée effleurer mon esprit. C'était trop douloureux et simplement inconcevable. Mais après plus de 4 ans de désir d'enfant, pendant lesquels on m'a trouvé un problème immunologique, qui me laissait peu de chances de mener une grossesse à terme, j’ai commencé à me préparer à l'éventualité de devoir vivre ma vie sans enfants.

 

Je me suis alors rendu compte que ma vie, et la vision que j'avais d'elle, étaient exclusivement construites autour du repère « enfant et maternité. » Côté professionnel, j'étais la plus jeune à obtenir mon diplôme de technicien en marketing dans l'objectif de pouvoir travailler quelques années avant de fonder une famille. J'ai choisi un domaine qui pouvais me permettre une ré-intégration facile après une pause maternité. Evidemment c'était décidé depuis toujours que j'allais arrêter de travailler pour m'occuper de mes enfants pendant qu'ils étaient petits. Côté privé, je ne rêvais pas de sortir en boîte, et de faire la fête comme les copines de mon âge. Je ne rêvais pas de voyager dans les quatre coins du monde. J'attendais patiemment d'être "grande" pour pouvoir me marier. Je cherchais alors l'homme de ma vie, certe, mais surtout de faire de lui le père de mes enfants. Mais l'enfant ne venait pas.

 

 

J'ai dû me rendre à l'évidence que tout reposait sur ce bébé. Sans cet enfant, je n’avais plus de repères. Ça devenait alors urgent de me remettre au centre de ma vie  et de la réorganiser autour de moi et non autour du bébé. Le bébé devenait donc un élément parmi d’autres : l’amour, la créativité, la spiritualité, la nature, le travail, les amies, les animaux. Après un certain temps, ma vie devenait plus équilibrée et même si la place qu'occupait bébé était toujours bien grande, je me sentais plus stable.

 

Finalement la vie a décidé que je n’avais pas à emprunter le chemin du deuil de la maternité jusqu’au bout. Mais cette expérience m'a appris qu'il était important de s'occuper de soi pendant le désir d'enfant et de vivre le deuil correctement si bébé ne devait pas venir. Intégrer, accepter, pardonner, dire au revoir à son désir d’enfant, à son désir de grossesse et à son enfant désiré. C’est un chemin de toute une vie. Un chemin qu'est fait de haut et de bas, d'un pas en avant et de deux pas en arrière, mais qui peut néanmoins mener à une vie heureuse et épanouie. 

 

Nicole Stoll sait de quoi elle parle car elle a été contrainte de faire le cheminement du deuil de la maternité jusqu’au bout. Elle y est toujours, sur ce chemin sans enfants et je la remercie de tout mon coeur de partager son expérience avec nous. Je vous confie son magnifique et touchant témoignage dans son intégralité : »

 

 

« Caminante, no hay camino, el camino se hace al andar »*
Cheminer du rêve de maternité à la réalité d’une vie sans enfants

 

 « En tout cas, je ne voudrai jamais d’enfants ! » Cette phrase, je l’ai prononcée à 16 ou 17 ans, en chevauchant à côté de mon prof d’équitation dans une forêt de ma Bâle-Campagne natale. La réponse de cet homme d’une quarantaine d’années, plutôt carré et issu de la tradition militaire a fusé: « Tu ne sais pas de quoi tu parles. » 

 

En effet, je n’avais aucune idée de quoi je parlais. 

 

Bien plus tard, trentenaire, j’ai connu cette période où les publicités qui montrent au ralenti des papas qui jouent avec leurs enfants dans un pré, puis se retournent pour embrasser leur femme, la maman, me faisaient pleurer. J’ai connu cette période où les supermarchés, les rues, les places, bref le domaine public me semblaient remplis de femmes enceintes, que j’avais de la peine à regarder sans les envier, à regarder tout court. J’ai connu cette période où je me rendais régulièrement à l’Unité de procréation médicalement assistée au CHUV, j’ai connu ces trajets au petit matin et je ne les oublierai jamais. J’ai connu cette période où tout tournait autour de l’idée de tomber enceinte, où nous cherchions à (pro)créer la vie alors que paradoxalement la joie de vivre s’éteignait comme une flamme en manque d’oxygène.

 

Aujourd'hui, une vingtaine d’années plus tard, j’ai envie de témoigner, de transmettre quelque chose de cette expérience , un peu comme une sœur aînée qui se soucierait de votre bien-être. Car vous n’êtes pas seule !

 

J’ai envie de vous dire d’abord que le désir d’enfant qui ne se réalise pas est une véritable crise existentielle. Elle vous secoue au plus profond de votre être, bouleverse votre existence, et ce n’est pas anodin. Peut-être que cela vous semble évident à vous, moi, je n’en avais pas conscience à l’époque. Je tentais de me « raisonner ». Mais rien n'y fait : si vous cherchez à tomber enceinte et que la grossesse ne vient pas, vous êtes confrontée à des interrogations très profondes sur vous, votre compagnon, votre entourage. Et cette situation exige une mobilisation de toutes ses ressources, un grand courage et de la lucidité. Impossible de se défiler. Un peu comme l’accouchement au terme de la grossesse : no escape. 

 

La bonne nouvelle, c’est qu’un jour, votre problème sera résolu. Gardez toujours cela à l'esprit. Un jour vous arriverez de nouveau à penser à autre chose, à vous réjouir, à pleurer pour d’autres raisons. Car le désir d’enfants a, à mon sens, exactement trois issues possibles : soit vous finissez par tomber enceinte, soit vous adoptez un enfant soit vous acceptez de vivre sans enfants. 

 

Et c’est de cette dernière issue que j’ai envie de parler. Car je suis une femme sans enfants. Mon but n’est pas de vous brosser le portrait d’une femme super épanouie, entourée de ses nombreux filleuls, qui s’occupe de plusieurs orphelinats à l’autre bout du monde (ce que j’admire évidemment), les recettes pour y parvenir à la clé. Mon chemin est celui d’une femme « normale » qui a un métier, qui avait un mari, qui a des amies, qui se sent parfois épanouie et qui a parfois des doutes. Que m'a apportée cette expérience de vie au bout de toutes ces années? Qu’est-ce que j’en retire ? 

 

Il n’existe aucun droit à l'enfant, si l’enfant vient, c’est un cadeau.

 

Ancrez-vous dans la réalité, encore et encore.
Je m’explique : l’imaginaire, nourri par nos rêves et par la transmission sociale, est puissant. Il peut nous faire perdre pied dans un monde d'illusions. Il peut donc arriver que ce qui nous rend triste, ce n’est plus cet enfant qui ne vient pas, mais le non-assouvissement d’un de nos désirs les plus chers. Le fait que le rêve ne puisse devenir réalité. C’est un peu comme quand une personne phobique finit par avoir peur de la peur et non plus peur de l’objet qui avait suscité sa peur initiale. Ne laissez pas ce rêve dominer toute votre vie. Pour revenir sur terre, gardez de temps à autres les enfants de vos amis. Essayez de ne pas trop vous façonner un enfant abstrait, gardez-vous de l’idéaliser. Vous vivez dans la réalité, pas dans un conte de fées. Lorsque vous cherchez à tomber enceinte et que la grossesse ne vient pas, vous souffrez pour quelque chose que vous n’avez pas. S’ancrer dans la réalité signifie aussi (re)prendre conscience de ce que vous avez.

 

Prenez soin de votre santé psychique. 

Si vous sentez que le désir de grossesse commence à empiéter sur tous les domaines de votre vie pendant une période prolongée, ou vous plonge dans une tristesse permanente, il est temps de chercher de l’aide et d’aller voir un professionnel de la santé psychique. 

 

Soignez votre couple.
Malgré tous vos doutes, votre souffrance, n’oubliez jamais votre mari ou votre compagnon, le futur père. Écoutez-le réellement. Il essaie peut-être de vous soutenir, mais est tout aussi désemparé que vous. Accordez-vous des « pauses », des périodes où vous ne faites pas l’amour « seulement » pour tomber enceinte. Par exemple,  convenez  que pendant six mois, vous allez renoncer à tomber enceinte. Voyagez, bref, pour reprendre les termes plus crus d’un site américain : « Get a life ».

 

Trouvez ce qui est vivant en vous.
Vous cherchez à susciter la vie. Si vous tombez enceinte, cette vie sera en vous, dans votre ventre. Si le destin fait que vous ne tombez pas enceinte, vous devrez aller rechercher cette vie à l’extérieur de votre corps. Contrairement à un bébé, qui est un être vivant avec des besoins physiques très concrets, que vous pouvez prendre dans vos bras, accompagner et élever, la quête de la vie à l’extérieur de votre corps est beaucoup plus abstraite. On n’est jamais sûre d’avoir « trouvé », elle continue jusqu’à la fin de nos jours. Mais paradoxalement, cette quête, ce chemin que vous allez faire, va aussi vous mener à l’intérieur de vous, dans votre intimité, elle exigera de trouver des ressources dont vous ne soupçonnez même pas l’existence. Et ces ressources, vous les avez !

 

Ne négligez pas votre corps.

Cherchez aussi à vous sentir vivante dans votre corps, en dansant, en bougeant, en faisant l’amour. Sentez votre corps et surtout, ne le condamnez pas parce qu’il ne vous « donne » pas d’enfant, soyez indulgente envers lui et envers vous. Cela vous aidera à mieux accepter la non-maternité, et vous permettra d'en faire un ami pour la suite de votre parcours. 

 

« You are not a failure ».

Une des phrases qui m’a le plus touchée pendant la période où je cherchais à tomber enceinte venait de ma tante qui n’a pas eu d’enfants non plus et qui me disait : « You are not a failure ». Cette phrase venue de nulle part m’a fait réaliser en une fraction de seconde que je vivais ma non-maternité comme un échec dans ma vie de femme. Mais la vie d’une femme sans enfants n’est pas moins précieuse que celle d’une femme qui est mère. Vous ne « valez » pas moins parce que vous ne tombez pas enceinte ! 

 

Et le plus dur : acceptez ce qui est.

Dans mon cas, ne pas voir cette grossesse se réaliser a été le premier écueil important dans ma vie. Pour la première fois, je prenais conscience que nous n’avons pas le contrôle de tout. Quelque chose que je désirais à tout prix m’était refusée, et pourtant, je n’avais rien fait de « faux » ! Entretemps, j’ai compris que tout le monde a, à un moment donné dans sa vie, ce que j’appelle son « wake-up call ». Un événement, une situation qui nous oblige à prendre acte de la réalité, à l’accepter et à nous réorienter. 

 

C’est dans cette optique qu’il faut mobiliser toutes vos ressources, chercher, batailler, ne pas baisser les bras pour avancer jusqu’à ce que vous trouviez un apaisement, une nouvelle orientation et votre voie à vous. Le chemin se trace en marchant.

 

C’est un chemin passionnant, qui vous ouvre à tellement de choses nouvelles, qui vous révèle des aspects de vous-même que vous ne connaissiez pas et qui vous permet de rencontrer l’autre différemment.

N'hésitez pas à l'emprunter !

 

Nicole Stoll, 54 ans

 

* Tiré d’un poème d’António Machado – en français : « Voyageur, il n'y a pas de chemin, le chemin se trace en marchant. »

 

 

 

 

Je remercie Nicole de tout mon coeur pour sa sincérité et sa confiance et me réjouis de vous annoncer la rencontre du Samedi 23 mars 2019 de 10 à 13h « Accueillir la vie sans enfants » où elle se tiendra à votre disposition pour vous raconter son histoire et répondre à vos questions. > Vers l'inscription.

 

Prenez soin de vous.

 

Jacqueline C.

 

 

 

 

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