Qui cherche... trouve. Chapitre 2 : la nidation, des fausses couches que personne ne remarque.


Dans l'article précédent, qui parlait de la fécondation, nous avons vu que cette première phase de la création n’avait plus beaucoup de secrets pour les chercheurs. En l'occurence, la deuxième partie du processus, qui est l'implantation, est toujours considérée comme une sorte de boîte noire et reste une des plus grandes énigmes de la procréation.

Sir Peter Medawar se penchait déjà en 1953 sur ce paradoxe immunologique : comment se fait-il que l'embryon qui possède les antigènes maternels et paternels, soit toléré par le système immunitaire de la mère pendant le temps de la grossesse, au lieu d’être rejeté ? L'implantation, également appelée nidation, et l’immunologie, sont donc étroitement liées. Je les traiterai néanmoins en deux chapitres distincts, pour ne pas vous surcharger en informations.

Quand le désir d’enfant non abouti nous amène à étudier le processus de la création de plus près, nous prenons concsience de sa complexité incroyable. Des études confirment que seulement 20 à 30 % des couples tombent enceintes dans un cycle normal, même si les conditions sont optimales : les deux partenaires sont en parfaite santé, ont en dessous de 30 ans et le moment du rapport est idéal. Comme expliqué dans le chapitre 1, nombreuses sont les étapes qui peuvent être dérangées : l’ovulation qui ne se fait pas correctement, les spermatozoïdes qui ne trouvent pas leur chemin ou qui ne parviennent pas à se réunir avec l’ovocyte, la division cellulaire de l’embryon qui se passe mal, ou l’endomètre qui se résorbe trop vite... et même si toutes ces phases se sont enchainées à la perfection, il reste toujours la phase cruciale de la nidation. Encore aujourd’hui, les experts ne peuvent que partiellement expliquer pourquoi un embryon arrive à s’implanter, alors qu’un autre dépérit et finit en fausse couche précoce.

Mais reprenons et continuons le cheminement commencé dans le chapitre précédent sur la fécondation : l’ovulation a eu lieu, l’ovocyte a été fécondé, les cellules se sont divisées correctement et sont en train de parcourir un voyage de quatre à six jours dans la trompe, avant d’atteindre l’utérus : le cinquième jour, l’ovule fertilisé qui a pris l’allure d’une mûre, répond désormais au nom de blastocyste. Une division des tâches entre les cellules s'établit, certaines se développant pour devenir l'embryon, d'autres le placenta. À la surface de la muqueuse de la trompe, des cils vibratoires poussent inlassablement l’ovule en direction de l'utérus. Les parois des trompes sont constituées de muscles qui se contractent pour le guider. À l'endroit où la trompe se rétrécit, telle l'écluse d'un canal, un muscle qui était jusqu'alors légèrement contracté, se détend pour laisser passer le blastocyste. La capacité de ce muscle à s'ouvrir et à se fermer est essentiellement régulée par la progestérone sécrétée par les ovaires.

Entre le sixième et le septième jour, le blastocyste a enfin atteint l'utérus, un espace spacieux et bien préparé à son arrivée. L'endomètre (la paroi de l'utérus) s'est développé pour l'accueillir et l'implantation peut commencer. Cette dernière phase se différencie en 3 grandes étapes: l'apposition, l'adhésion de l'embryon sur la paroi maternelle et finalement, l'invasion profonde des cellules du placenta.

A son arrivée, le blastocyste flotte dans l'utérus. Il devra ensuite se dépouiller de sa capsule afin de pouvoir s'implanter. Pour y parvenir, il se contracte et se dilate plusieurs fois. La nouvelle surface de celui qu'on appelle maintenant embryon est ridée et collante comme du sucre. Ces minuscules granules vont se fixer sur la paroi utérine, qui possède les mêmes molécules de sucre. Pendant cette première étape de la nidation, l'embryon doit déjà émettre les bons signaux afin de stopper l’arrivée des règles qui pourraient l’éliminer.

Entre le huitième et le dixième jour, soit peu de temps après sa nidation, l'embryon doit pénétrer profondément dans l'endomètre et établir l’échange avec les minuscules vaisseaux sanguins maternels qui tapissent la paroi utérine. A ce moment crucial, l'embryon étant génétiquement à 50% un corps étranger pour la femme, doit émettre des signaux spécifiques au système immunitaire de la mère, afin d'éviter d'être rejeté. Si cette interaction réussi comme il se doit, les premiers signaux hormonaux sont délivrés par le placenta. La femme peut alors ressentir des symptômes de grossesse précoces (tiraillements, nausées, seins tendus...) qui l’informent qu'une nouvelle vie se développe en elle.

Mais nombreuses sont les femmes qui ont été enceintes un court instant, et n’ont même pas été au courant. Ou alors elles ont eu, comme moi, des tests positifs quelques jours, puis les règles sont arrivées avec un peu de retard...

Après chaque déception, c’était de plus en plus difficile pour moi d’ignorer le fait que quelque chose ne fonctionnait pas correctement. Entourée de médecins dubitatifs face à ma conviction d’avoir été une nouvelle fois enceinte, j’ai alors commencé des longues recherches pour mieux connaître ce domaine mystérieux de l’interaction entre l’embryon, l’endomètre et le système immunitaire.

Je suis tombée sur des recherches qui démontraient que plus de 30% des « grossesses » finissaient en fausses couches et que dans la plupart des cas, les femmes ne savaient même pas qu’elles avaient été enceintes. Il semble que la mère teste la « compétence génétique de l’embryon » très tôt dans le processus, pour ne pas investir du temps et des ressources dans une grossesse génétiquement non viable. Les chercheurs estiment que chaque femme vivrait au moins une à deux fausses couches dans une vie, le plus souvent sans même le savoir.

Si vous avez subi des départs précoces, des fausses couches à répétition, ou vécus plusieurs essais infructueux d’implantation, voici une liste des troubles pouvant être détectée dans cette seconde partie de la conception qu'est la nidation.

Chez la femme

-Une anomalie de l'anatomie de l'utérus.

-L’endométriose et l’adenomiose.

-Une anomalie génétique (anomalies chromosomiques).

-Une insuffisance ovarienne qui a une influence sur la qualité de l’ovocyte.

-Une anomalie des facteurs de coagulation

-Un problème endocrinien (thyroïde, problèmes hormonaux, diabète etc.).

-Des facteurs infectieux au niveau de l'embryon ou du fœtus ou de l'endomètre

-Des problèmes auto-immuns (anticorps).

-Des facteurs environnementaux : l'obésité, le tabagisme, le café, phtalates, certains polluants.

Chez l’homme

-Une anomalie génétique (anomalies chromosomiques).

-La qualité du sperme.

Malgré le manque de transparence de la totalité des mécanismes de l’implantation, il existe aujourd'hui des solutions pour mettre toutes les chances de votre côté et mener une grossesse à terme. Si vous êtes comme moi, soit une minorité, à ne pas avoir trouvé de réponse à votre infertilité dans les deux premiers chapitres, alors le prochain article pourrait vous fournir d'autres pistes à explorer. Il parlera de l'immunologie de la reproduction et plus détaillée, des différents processus de communication entre la mère et l’embryon au moment de l'implantation. Certains facteurs peuvent déranger ce dialogue et ainsi rendre une grossesse impossible.

À lire la prochaine fois : chapitre 3 : l’immunologie de la reproduction – la solution rendue invisible.

*Sources : Livre "Wie weit gehen wir für ein Kind " de Martin Spiewak et le web.

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Jacqueline Comte

Sage-femme de l'âme.

Mon cabinet se trouve dans le Canton de Vaud en Suisse. 

 

Si vous êtes intéressées à me rencontrer, n'hésitez pas à m'appeler. De cette manière nous pouvons faire connaissance, identifier vos besoins et je peux vous expliquer ma manière de travailler.

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